C'est l'été, et c'est aussi comme si je n'étais pas partie. Vendredi je suis allée à l'école pour rien, les Y11 étant en "congé de révision" - pour mieux les croiser en ville faire du shopping. J'ai continué mes fiches, doucement, avec la plénitude de l'avance, dans la salle vide, la porte ouverte sur le couloir plus calme que d'ordinaire. En ville j'ai acheté des sushis et je suis allée les manger au parc en lisant Gide en Afrique. La raison m'a fait revenir pour écrire mon projet de mémoire, qui me laisse un sentiment de frustration intense, c'est l'élément le plus important du dossier et je ne parviens pas à convaincre assez.
Samedi matin, tôt dans les rues, je me disais que je suis heureuse. Et puis on a monté, descendu, monté, descendu les marches étroites un millier de fois avec meubles et cartons. Après, shopping infructueux, cupcakes, bus pour le jardin des orchidées et trois heures assises paisiblement dans l'herbe. Le retour en ville, Pimms en terrasse, Eurovision dans le salon - et le kitch de la situation remplacé par l'incongruité de regarder la télé anglaise avec une copine hongroise en mangeant des pâtisseries roumaines.
Ce matin, il y a eu un coup de fil, le rendez-vous pris à l'arrache une demi-heure après, le café devant la mer turquoise, la robe à fleurs. Retourner en ville et faire des fiches de sociolinguistique sur un banc, en regardant le bleu et les bateaux arriver, pour marcher encore et prendre des coups de soleil. Le bonheur ?

